Retour au site officiel de la Mairie de Grigny - Mise à jour : mercredi 22 mai 2013
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L’Accord Général sur le Commerce des Services

Après les thèmes "la Mondialisation mène-t-elle à la guerre ?", "la Paix, maintenant, en Palestine", "Dangers et enjeux des OGM", les organisateurs ont choisi de débattre autour de "l’Accord Général sur le Commerce des Services" (AGCS).

Rappelons, pour bien saisir ce que cet accord sous-tend, que l’objectif premier des Rencontres Citoyennes est de donner des informations, des éléments de réflexions sur lesquels, bien souvent il faut le dire, les grands médias évitent de s’engager. Or, derrière ces quatre lettres, AGCS, se dissimule la volonté claire de soumettre à la libéralisation la plus totale, la plus sauvage, 160 secteurs d’activités et non des moindres puisqu’il s’agit tout simplement de faire passer sous les fourches caudines des multinationales des domaines essentiels comme la santé ou l’éducation. La première représentant un "volume d’affaires" potentiel pour les multinationales de 3 500 milliards de dollars à l’échelle planétaire, la seconde de 2 000 milliards. Les États-Unis, largement soutenus par plusieurs entreprises multinationales, tentent d’imposer un accord qui les rendraient définitivement maîtres du monde.

L’AGCS au-dessus des nations

La finalité de l’AGCS est de rendre cet accord économique supérieur aux législations et réglementations nationales. Imaginez les conséquences d’un tel dispositif. Tout service deviendrait marchand et on peut penser que, dans ce cas de figure, un banal document administratif, comme un acte de naissance par exemple, ne serait délivré au citoyen que contre monnaie sonnante et trébuchante. Et si la mobilisation populaire est encore faible, faute de disposer de vrais moyens d’information, des responsables politiques et non des moindres, commencent à s’inquiéter d’un système qui les déposséderait de leurs prérogatives. Et ainsi, après Vancouver, Toronto, Québec, Oxford, Melbourne et Vienne, le Conseil de Paris vient de déclarer sa ville "hors-AGCS".

Le mouvement ATTAC, très vigilant sur cette question, comme sur toutes celles qui relèvent du patrimoine universel de l’humanité, rappelle opportunément que "omniprésentes, les entreprises privées, qui sont de plus en plus multinationales, cherchent à fournir le courrier, l’enseignement, la médecine, les transports, l’énergie, l’eau... Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles veulent accroître leur chiffre d’affaires et, ainsi, leurs bénéfices. Elles sont dans leur logique. Elles ne sont pas, c’est vrai, chargées du bien commun". ATTAC pose la question fondamentale : "Qui donc peut préserver ce bien commun ? Qui peut nous garantir un air respirable ? un paysage de qualité ? une paix indispensable ? Tout simplement nous, les citoyens, en exigeant des élus que nous mandatons qu’ils préservent ces biens communs". C’est bien nous, citoyens, qui devons organiser notre monde pour nous-mêmes et nos arrières petits-enfants. Et force est de constater que le monde dans lequel nous vivons ne répond pas aujourd’hui, dans ses règles de fonctionnement, à une logique solidaire, à un "esprit visionnaire" qui le pousseraient à imaginer toujours, dans ses choix essentiels, l’avenir de ses enfants. Il s’agit ni plus ni moins, ajoute ATTAC, que "de s’approprier, pour en assurer la marchandisation, tous les biens communs, comme l’eau, la santé, la culture, l’éducation etc. Et pour faire bonne mesure, et étendre ce schéma à l’ensemble de la planète, les chantres du libéralisme total, tentent d’ouvrir les pays du Sud aux ambitions prédatrices des transnationales, au mépris, évidemment, des droits humains, sociaux, environnementaux et culturels". Cynique et pernicieux, le système joue le jeu de la rentabilité immédiate quelle que soit l’ardoise laissée aux générations futures. Après lui, le déluge en quelque sorte. Or, des millions d’hommes et de femmes n’entendent pas se soumettre à ce diktat, simplement parce qu’ils veulent construire un monde où les échanges commerciaux sont subordonnés aux besoins des hommes et des femmes et sont en conformité avec le respect des droits et l’égalité de tous. Pour la bonne raison que le monde n’est pas et ne saurait être une marchandise. Aux hommes et aux femmes de se réapproprier ce dont ils n’auraient jamais dû être spoliés. Une fois encore, il s’agit de leur vie, de leur liberté et de celles, à l’horizon, de leurs enfants et leurs petits-enfants. C’est aux adultes d’aujourd’hui de construire les bases de la résistance pour qu’enfin d’autres rapports que mercantiles régissent la vie des générations futures. Il en va de vie et de dignité.

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